Histoire

Histoire

Aux environs de 1500 est fondé le sultanat de Ndzuwani, qui englobe toute l'île.

L'île devient protectorat français en 1886.

En 1891, une révolution des paysans pauvres et des esclaves menace très sérieusement la domination de la France sur l’île, les Français l'évacuent avant de la reconquérir au prix d’une expédition militaire.

En 1912, la France annexe les îles des Comores. Anjouan devient alors une colonie française, puis un territoire d'outre-mer  (TOM), aujourd'hui collectivité d'outre-mer (COM).

Par le référendum du 22 décembre 1974, Anjouan choisit l'indépendance vis-à-vis de la France — au contraire de Mayotte — et son intégration dans la nouvelle République fédérale Islamique des Comores (RFIC). En 1974, les Anjouanais se prononcent à 99,5 % contre le maintien du statut de TOM de la République française (soit 42 voix pour le maintien).

Depuis l'indépendance, l'archipel subit de nombreux troubles et ne parvient pas à trouver le chemin de la démocratie. Il fait l'objet de coups d'État violents et de prises de main expéditives, soutenus occasionnellement par des mercenaires comme le Français Bob Dénard, ultérieurement arrêté et condamné par la France.

En 1997, Anjouan et Mohéli proclament unilatéralement leur indépendance de la RFI des Comores. Cette tentative de sécession entraîne un embargo mené par la RFIC et l'OUA (qui s'avère par la suite dramatique pour la population).

Dans la foulée, l'île demande aussi son rattachement politique à la France. Ainsi, le drapeau tricolore est hissé et la Marseillaise chantée.

La France, par l'intermédiaire de Jacques Chirac, ne tient pas compte de cette revendication. On peut citer comme explications le fait que la France ne souhaite pas refroidir ses relations avec la RFIC ou l'OUA, et ne veut pas non plus d'une situation comparable à celle de Mayotte sous perfusion financière (pour anecdote, en France, le Front national se prononce alors pour la réintégration de l'île à la métropole).

Le pouvoir sur l'île passe aux mains d'un triumvirat présidé par le foundi (« le maître ») Abdallah Ibrahim, non francophone, âgé de 80 ans, Saïd Abeid Abdérémane, coordinateur national, et Mohamed Bacar.

Le pouvoir central cherche alors à retrouver son autorité par la force mais échoue, militairement et politiquement. Quand le président Mohamed Tki Abdulkarim de la RFIC décède, la fédération reste dans un vide constitutionnel impropre à toute réconciliation.

Alors qu'en 1998, sous l'égide de l'OU, Mohéli accepte de nouveau l'autorité de Moroni, Anjouan refuse toujours. En 1999, Abdallah Ibrahim, résigné, confie le pouvoir à Abeid, le Coordinateur national. Le 9 août 2001, Abeid est écarté par un coup d'État de la gendarmerie au profit de Bacar.

Bacar entame alors un long processus politique de réconciliation avec Azali Assoumani après la prise de pouvoir de celui-ci en Grande Comore afin de créer une nouvelle entité, l'Union des Comores, où les îles bénéficient d'une très large autonomie. Bacar échappera à plusieurs coups d'État dont un mené par Abeid.

Chaque année de nombreux Comoriens d'Anjouan et Mohéli tentent, dans une certaine indifférence internationale, de rejoindre Mayotte dans des embarcations de fortune, les kwassa-kwassa, ce qui entraine au passage la mort de nombreux naufragés — 100 à 200 chaque année. On peut expliquer ce changement d'opinion des Comoriens par la grande misère que traverse leurs îles et par la situation enviée de la petite voisine mahoraise.

De son côté, Mayotte accueille malgré tout les exilés, même si elle voit sa population croître très rapidement. La population de Mayotte — 190 000 habitants fin 2007 — est composée de 30 % de réfugiés en provenance d'Anjouan. Cette situation pose de graves problèmes démographiques et sociaux mettant en jeu l'avenir et la stabilité économique de l'île où le contrôle des naissances se heurte aux tabous d'une population très majoritairement musulmane.

Aussi, la France souhaite le rétablissement de la paix civile à Anjouan, afin de faciliter le retour rapide des exilés. L'Union des Comores reste encore fragile, mais aussi bien la France, que l'Union Africaine et les populations de Mayotte et Anjouan espèrent une normalisation de la situation.

Des soldats fidèles à Mohamed Bacar ont pris le contrôle de la capitale d'Anjouan en mai 2007. Bacar, qui était devenu pour la première fois président d'Anjouan en 2002, cherche à obtenir l'indépendance de l'île.

Le 10 juin 2007, Mohamed Bacar est réélu au premier tour de l'élection à la présidence de l'île d'Anjouan. Le gouvernement de l'Union des Comores, qui avait ordonné le report, estime que le scrutin s'est tenu dans l'« illégalité totale » et l'élection n'est pas reconnue par l'Union africaine (UA). Seule l'Afrique du Sud intervient diplomatiquement pour prévenir une intervention militaire de l'UA. Après l'annonce le 31 janvier 2008 du président de l'Union de son intention d'intervenir « incessamment pour restaurer l'intégrité de l'État comorien », le colonel Bacar repousse le 28 février 2008 les propositions de médiation internationale d'exil ou reddition.

En mars 2008, les préparatifs pour une intervention militaire de l'armée nationale de développement appuyés par les forces de plusieurs nations de l'Union africaine (Soudan, Tanzanie, Libye, Sénégal) et l'aide logistique de la France sont en cours. Le 15 mars, la première opération a eu lieu avec l'aide logistique de l'armée française et un bilan, non confirmé depuis, annonce plusieurs dizaines de tués dans la rebellion.

Le 23 mars 2008, le président des Comores annonce avoir autorisé l'armée du pays, appuyée par l'Union Africaine, à lancer un assaut contre l'île d'Anjouan. « Hier soir, j'ai donné l'ordre à l'armée nationale de se joindre aux forces de l'Union africaine pour rétablir la légalité républicaine à Anjouan », a déclaré Ahmed Abdallah Sambi dans un discours retransmis en direct. « Dans les heures ou les jours qui viennent, Anjouan sera libéré par la force ou, j'ose l'espérer, les rebelles se rendront afin d'éviter un affrontement. ». Le débarquement a lieu le 25 mars 2008; la capitale tombe dans la journée et le colonel Bacar prend la fuite. Arrivé avec quelques soldats sur l'île de Mayotte, il demande l'asile politique à la France, qui ayant étudié le dossier, rejette sa demande en décembre; il obtient finalement l'asile politique au Bénin. Un an près le conflit, 57 militaires anjouanais étaient encore détenus sans procès à la prison de Kandanis.

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