Ile de Mayotte partie 1

Ile de Mayotte, partie 1

 

Présentation

Bien que son statut ait été plusieurs fois contesté par les Comores, les Nations Unies et l'Union Africaine, les Mahorais se sont prononcés à 72,94 % en sa faveur (2 juillet 2000). Suite à la consultation référendaire de la population du 29 mars 2009 (95,2 % de votes favorables), elle deviendra en 2011 un département d'outre-merde la République française régi par l'article 73 de la constitution. Son code INSEE est 97-6.

Mayotte est constituée principalement de deux îles, Grande Terre et Petite Terre. Elle se situe dans le canal de Mozambique, dans l'océan indien. Ses habitants sont appelés les Mahorais. Elle a la seconde plus forte densité des DOM-TOM, juste après Saint-Martin, avec 499 hab./km².

Histoire

D'après une ancienne tradition maritime de l'océan indien, l'appellation Mayotte provient d'un surnom arabe « Jazirat al-Mawt » ou « Île de la mort ». De nombreux navires se sont fracassés autrefois sur les récifs émergeant de la barrière de corail qui entoure et protège ainsi l'île.

Temps anciens

Les VIIIe et IXe siècles voient les premières installations humaines. Il semble que les premiers habitants appartiennent déjà aux premiers peuples swahilis, caractérisés par une riche culture répandue sur l'ensemble des rivages de l'Afrique orientale de la Somalie au Mozambique. Mayotte et Anjouan ont été occupées apparemment plus tardivement car les deux îles se différencient de l'ensemble des Comores par une évolution linguistique spécifique. La civilisation swahilie qui aborde ces îles inoccupées est donc d'emblée sophistiquée. Le commerce maritime, très actif dès cette époque, atteste de contacts avec le Moyen-Orient islamisé.

Aux XIIIe et XVe siècles, l'île est sous la domination de chefs islamisés, les Fani. Les contacts culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants.

Vers 1470, le sultanat shirazi s'établit et est reconnu jusqu'au début du XIXe siècle. Le dernier sultan shirazien est renversé par Andriantsoly, un dynaste sakalave qui, débarqué de Nosy Be, s'impose entre 1828 et 1831.

Temps modernes

En 1503, l'île de Mahore est mentionnée par une escadre portugaise qui l'aborde, et d'après les archives de l'amirauté portugaise, elle est cartographiée par Diego Ribeiro en 1527. Ce repérage soigneux permet de l'éviter à la façon des convois de boutres qui ont sillonné de manière multiséculaire le détroit du Mozambique. C'est pourquoi tout au long des XVIe et XVIIIe siècles, l'île n'est pas un lieu d'escale ordinaire pour les grandes flottes et n'accueille que quelques grands navires européens égarés et prudents, venus par nécessité s'y ravitailler.

De 1742 à 1791, le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives pour conquérir le sultanat de Mayotte. De 1795 à 1820, les razzias des pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisaraka) dépeuplent considérablement l'île.

Les influences venues de l'ensemble de l'océan indien, mais aussi de la côte africaine, chamboulé par l'irruption des Bantous, et de la côte malgache ne cessent de façonner la société swahilie îlienne. Une immigration bantoue et malgache commence insensiblement. Des Malgaches, essentiellement sakalaves, prennent le contrôle du sud et d'une partie ponctuelle de l'est de l'île.

Après 1832, l'île passe sous la domination de Andriantsoly, ancien roi Sakalava du Iboina à Madagascar, appelé par le sultan shirazi de Mahore et les occupants méridionaux malgaches pour arbitrer leurs conflits et empêcher les agressions extérieures. Guerrier converti à l'islam ayant épousé la fille du sultan et aussi diplomate respecté auprès des communautés swahilies et malgaches, Andrian Souly devient ensuite le sultan reconnu de l'île dont il s'efforce de préserver la souveraineté malgré les continuelles hostilités et menaces. Suite à la prise de Nosy Be (Madagascar) en 1840, les Français prennent connaissance de la présence de ce sultan, ancien roi Sakalava, à Mayotte, qui demande une protection maritime.

Présence française

Mayotte devient colonie française après son achat au vieux sultan le 25 avril 1841, alors que la rivalité franco-britannique pour le contrôle des autres îles s'initie lentement avant de tourner à l'avantage de la France. En 1886, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan deviennent protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte tandis que Mayotte, quant à elle, garde un statut de colonie. À partir de 1908, l'ensemble des Comores est intégré sous l'autorité du gouvernement général de Madagascar et dépendances.

En 1946, les Comores sont séparés de Madagascar et deviennent un territoire d'outre-mer. Après avoir refusé d'accéder à l'indépendance lors du referendum de 1958 organisé par le Général De Gaulle, les Comores obtiennent le 22 décembre 1961 (loi no 1412) un statut d'autonomie interne (qui sera élargie en 1968 par la loi no 6804). Ce statut d'autonomie interne donne jour à un Gouvernement comorien élu par l'Assemblée Territoriale. De 1961 à 1970, l'ancien député Said Mohamed Cheikh est élu Président du Conseil de gouvernement jusqu'à sa mort le 16 mars 1970. C'est durant cette période, en 1966, que la capitale Dzaoudzi (Mayotte) est transférée à Moroni, huit ans après la décision du transfert.

Au cours de cette période naissent les premiers mouvements politiques qui contestent le pouvoir de Saïd Mohamed Cheikh et pour certains, réclament l'indépendance. D'autres, comme le Mouvement Populaire Mahorais (ancien UDIM : Union pour la Défense des Intérêts de Mayotte) réclament au départ plus d'autonomie vis-à-vis des autres îles. Par la suite, le mouvement se radicalise et demande la séparation de Mayotte et les autres îles et notamment la Départementalisation de Mayotte. Né en 1958, l'UDIM est un mouvement créé par un créole natif de Sainte-Marie : Georges Nahouda. Mort en 1958, c'est son neveu, Marcel Henry, qui poursuit le combat avec la création du MPM. Associé à une partie de l'élite mahoraise ( dont Younoussa Bamana), Marcel Henry poursuivra le combat pour Mayotte française jusqu'au bout. Soutenu par le mouvement français politique Action Française, un groupuscule royaliste, dont se trouve à la tête Alain Poher, Pierre Pujo, le MPM obtient le soutien d'une partie importante de la classe politique française.

Cependant, dans les années 1960 d'autres mouvements politiques voient le jour dont le Parti "Serrez-la-main". Ce parti revendiquait l'indépendance de Mayotte vis-à-vis de la France. Nombres d'échauffourées eurent lieu entre ce dernier et le MPM.

Le 25 août 1972, le Comité spécial de la décolonisation de l'Organisation des Nations Unies inscrit l'archipel des Comores à sa liste des territoires devant accéder à l'autodétermination. Le 15 juin 1973, la France et les Comores signent des accords relatifs à l'accession à l'indépendance. Le 22 décembre 1974, la France organise aux Comores un référendum pour plébisciter l'indépendance du territoire. Il s'agissait d'un referendum qui devait statuer sur une réponse de l'ensemble du territoire. Mayotte se singularise en votant en majorité pour le maintien des Comores au sein de la République française. Le suffrage est de plus de 90% pour l'indépendance du territoire. Face aux divisions internes, le gouvernement français ne valide pas le référendum et en propose un nouveau dont les résultats de celui-ci ne seraient considérés que "île par île". A cela, le président du Conseil de Gouvernement, Ahmed Abdallah déclarent l'indépendance des Comores unilatéralement, sans l'accord de la France. Mayotte reste cependant sous administration française au détriment de la déclaration du gouvernement comorien.

L'Union des Comores revendique Mayotte et refuse cette séparation qui remet en cause l'intégrité territoriale de l'archipel. L'Union africaine considère ce territoire comme occupé par une puissance étrangère.

Un second référendum a lieu en 1976, qui confirme le choix de la population de Mayotte de rester au sein de la république française. L'Assemblée générale des Nations Unies considère ce référendum comme nul et non avenu, et condamne la présence française à Mayotte. L'ONU s'appuie sur la déclaration du 14 décembre 1960, « sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples colonisés », point numéro 6 sur la préservation de l'intégrité territoriale, malgré le point numéro 2 sur le droit à l'autodétermination. Dans sa résolution du 28 novembre 1994, l'Assemblée générale de l'ONU a rappelé et confirmé l'appartenance de Mayotte à l'État comorien. Depuis 1995, cependant, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l’Assemblée générale de l'ONU.

L'Union européenne reconnaît ce territoire comme français, avec le statut de PTOM (pays et territoires d'outre-mer) mais pas comme Région ultrapériphérique. Cela explique que Mayotte, contrairement aux DOM, ne figure pas sur les billets en euros.

Suite au référendum sur la départementalisation de Mayotte du 29 mars 2009, Mayotte devrait obtenir en 2011 un statut de département, devenant le 101° départements français et le 5° DOM.

Une collectivité française

Statut de la collectivité

La loi du 11 juillet 2001 relative à Mayotte prévoit l'application progressive du droit commun français à Mayotte, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Mayotte est ainsi une collectivité départementale, dotée d'un conseil général, et d'une administration décentralisée, en place depuis le 1° avril 2004. Depuis 2001, les règles applicables à Mayotte figurent au code général des collectivités territoriales. La loi organique du 21 février 2007 a réécrit ce statut, en prolongeant la logique de la loi de 2001. Enfin, depuis le 1° janvier 2008, hormis quelques matières (fiscalité, urbanisme, droit social...), l'identité législative régit le régime legislatif de Mayotte : cela signifie que le droit commun est applicable, comme dans les DOM. À l'issue du renouvellement du conseil général en mars 2008, les conseillers généraux de Mayotte ont adopté le vendredi 18 avril 2008 une résolution (à l'unanimité) invitant le gouvernement français à transformer la collectivité en DOM. Il appartient donc au gouvernement de consulter dans les douze mois la population de Mayotte sur le processus de départementalisation toutefois l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte. La consultation a eu lieu le 29 mars 2009 et les électeurs ont approuvé la départementalisation de Mayotte. Ce nouveau statut entrera en vigueur en 2011.

Le statut de DOM est peut-être incompatible avec le maintien du statut personnel (voir plus bas), la question n'est d'ailleurs pas claire à ce sujet, dès lors que par exemple : certains Guyanais disposent d'un tel statut, et que la Constitution « protège » le statut personnel. Cependant, la transformation de Mayotte en DOM permettrait l'attribution du revenu minimum d'insertion, ce qui explique le lobbying d'une grande partie de la classe politique en ce sens.

La décentralisation rencontre des écueils similaires à ceux connus en 1982 en métropole, aggravés par la faiblesse de la pratique démocratique qui est à la fois récente et plaquée sur la culture ancestrale et cosmopolite des habitants de l'île. Le clientélisme est très développé.

L'État français est représenté par un préfet. En matière d'éducation nationale, Mayotte constitue un vice-rectorat.

Les habitants de Mayotte sont représentés à l'Assemblée nationale par un député, depuis juin 2007 Abdoulatifou Aly  (Force de l'Alternance du MDM, affilié au MoDem) ainsi qu'au Sénat par deux sénateurs : Soibahaddine Ibrahim (UMP) et Adrien Giraud (UDF).

Un futur département français

Le 29 mars 2009 a eu lieu un référendum pour savoir si Mayotte devait devenir département français, selon l'engagement du président de la République, Nicolas Sarkosy. L'ensemble des organisations politiques locales se sont prononcées en faveur du « oui ». La participation a été marquée par une forte abstention (41,19 %). Le « oui » l'a emporté avec plus de 95,2 % des suffrages exprimés, soit 56 % des électeurs.

Mayotte deviendra donc en 2011 le 101e département français et le cinquième en Outre-mer avec la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion. Il s'agira en fait d'une « collectivité unique », la même assemblée exerçant les compétences du conseil général et celles celles du conseil régional.

Divisions administratives

Mayotte compte 17 communes. À chaque commune correspond un canton excepté pour Mamoudzou qui en regroupe trois, ce qui fait 19 cantons. Chacune des 17 communes regroupe le plus souvent plusieurs villages.

Les communes les plus peuplées sont celles de Mamoudzou, Koungou et Dzaoudzi.

La propriété du port de Mayotte a été transférée au Conseil général.

Élus de Mayotte

Histoire politique

En 1958, cinq territoires d'outre-mer, faiblement peuplés, choisissent de conserver leur statut et de ne pas devenir des États au sein de la nouvelle Communauté française: il s'agissait de Saint-Pierre et Miquelon, de la côte française des Somalis, de l'archipel des Comores, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie Française. Ces TOM continuèrent d'envoyer des représentants à l'Assemblée nationale, mais en raison du délai de l'exercice de l'option, ils ne purent participer aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, les premières de la V° République. Le siège de député de Mayotte remonte donc à celui des Comores, depuis que, par son vote du 8 février 1976 (« Oui » à 99,4 %) a maintenu ses liens avec la France.

En 1978, c'est l'UDF Younoussa Bamana qui a été le premier député élu, puis réélu, dans cette collectivité territoriale de 19 000 électeurs. Avec l'élection de François Mittérand, c'est Jean-François Hory, proche du PRG qui est alors élu (alors que Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu 89,9 % des voix peu de temps auparavant). En 1986, c'est un centriste, Henry Jean-Baptiste, qui est élu, puis réélu en 1988 et en 1993, alors que l'île dépasse désormais 30 000 électeurs. Malgré la montée progressive de son rival RPR dissident, Mansour Kamardine, c'est toujours Jean-Baptiste qui est élu en 1997 (51,7 %). Ce n'est qu'en 2002, avec le retrait de ce dernier que Mansour Kamardine est élu au 2e tour député avec l'appui du président du Conseil général, Younoussa Bamana, face au candidat UDF-MDM, Vita Siadi.

En 2007, Abdoulatifou Aly, candidat de la Force de l'Alternance du Mouvement départementaliste mahorais (une dissidence du Mouvement départementaliste mahorais) est élu au second tour des législatives contre Mansour Kamardine. Abdoulatifou Aly appartient au Mouvement démocrate de François Bayrou.

Début 2008, le projet de départementalisation de Mayotte a resurgi. Le secrétaire d'État Roger Karoutchi a annoncé le 24 janvier qu'à l'issue des élections de mars, le conseil général, s'il le souhaitait, adopterait une résolution pour que Mayotte devienne un département-région. Or, suite aux élections cantonales de mars 2008, Ahmed Attoumani Douchina conseiller général du canton de Kani-Keli (UMP), a été élu président du conseil général par 13 voix contre 5 et 1 bulletin nul succédant à Saïd Omar Oili, sans étiquette, président du Nouvel élan pour Mayotte (NEMA). Le nouveau président a été élu par une coalition UMP-PS-MDM (le MDM est issu du Mouvement populaire mahorais), favorable à une telle évolution qui pourrait alors se concrétiser avec l'appui gouvernemental en 2008 ou 2009. Actuellement l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte. Le référendum pour la départementalisation a eu lieu le 29 mars 2009.

Lors de sa visite, le ministre de l'Outre-mer Christian Estrosi à Mayotte a évoqué la possibilité de revenir sur le droit du sol pour décourager l'immigration illégale, mais cette idée n'a pas été reprise par son successeur Yves Jégo. Conformément à la loi de 2000 ouvrant le droit à une consultation sur le transformation du statut de Mayotte en département d'outre-mer, le Conseil général de Mayotte a demandé en avril 2008 une consultation populaire. Ce référendum s'est tenu le 29 mars 2009 a donné un résultat d'environ 95% de "oui" à la départementalisation, qui pourrait être effective en 2011, avec un alignement progressif sur le droit commun. La départementalisation impose des évolutions notables: l'âge légal minimum des femmes pour se marier sera relevé de 15 à 18 ans, les mariages polygames seront interdits, même si les situations acquises ne seront pas remises en cause, la justice cadiale cédera la place à une justice civile. Les minimaux sociaux seront aussi progressivement augmentés, en commençant par les deux seuls en vigueur, ceux pour les adultes handicapés et les personnes âgées. Le RMI, l'allocation parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique, seront versées à partir de 2012, à environ le quart de ce qu'elles représentent en Métropole et seront ensuite progressivement revalorisées sur une période de 20 à 25 ans, en fonction du rythme du développement économique de l'île, mais avec la mise en place d'un cadastre, la taxe d'habitation et la taxe foncière devraient également faire leur apparition.

Démographie

Mayotte a une population très jeune. En 2007, date du dernier recensement, la population était de 186 452 habitants, contre 160 262 habitants en 2002. 62,3 % des habitants sont âgés de moins de 25 ans en 2002.

L'amélioration des conditions d'hygiène, de santé publique (médecine rurale, préventive, gratuite pour tous jusqu'en 2005) et du niveau de vie a eu pour conséquence une diminution du taux de mortalité passé de 25 ‰ habitants lors du recensement de 1958, à 3 ‰ en 2004. Même si l’on assiste à une baisse de la natalité, celle-ci reste encore forte, avec un indice synthétique de fécondité de 4.5 enfants par femme en 2004 contre 8.1 en 1978.

Quant au taux d'accroissement annuel de la population, il est l'un des plus forts de l'outre-mer français avec 5,8%.

Les îles qui forment Mayotte sont géologiquement les plus anciennes de l'archipel des Comores. Leur âge à partir de de neuf millions d'année va en décroissant du sud-est (Mayotte) au nord-ouest (Grande Comore), bien que l'on observe tant sur la Grande Terre que sur l'îlot de Pamandzi, des appareils très récents (maars).

L'ensemble insulaire est un vaste bouclier volcanique de laves alcalines avec extrusions phonolitiques comme à Choungui, relief en forme de boule conique dont un cinquième est encore émergé. Le centre de l'appareil se situe en mer, à l'ouest. Une subsidence importante a eu lieu, permettant notamment l'implantation d'une couronne récifale exceptionnelle autour des reliefs résiduels.

La croissance corallienne, créatrice de calcaires blancs, a pris le relais des terres émergées, caractérisées par des roches basaltiques noires, et soumises à l'érosion. Pendant les grandes glaciations continentales, il y a 20 000 ans, l'abaissement des niveaux marins de plus de cent mètres a vidé les lagons et laissé les récifs moribonds. Les grandes rivières africaines, un temps retenues, ont percé les passes dans les barrières. Puis, avec les remontées marines causées par les puissants réchauffements climatiques post-glaciaires, les coraux ont repris leur ardeur bâtisseuse.

Le contraste entre géochimies corallienne et volcanique est en particulier pleinement visible sur les plages du nord de la Grande Terre, près de l'île de Mtsamboro. Les récifs de pierres noires, annonciateur de la terre, apparaissent sur la plage blanche de sables détritiques coralliens.

L'île de Grande Terre possède de fortes pentes, et surtout au voisinage des crêtes, une érosion tropicale emporte la fragile végétation colonisant les padza. Les forestiers essaient de fixer le sol dégradé par des plantations d'acacias.

Santé

Mamoudzou est l'unique ville où se trouve un hôpital, dont une annexe est ouverte à Dzaoudzi, sur Petite-Terre. Des maternités dites intercommunales sont ouvertes : Mramadoudou au sud de l'île (2005) et Kahani commune de Ouangani au centre (2006). La maternité de Dzoumogné au nord est en cours de construction par la société SMTPC filiale du groupe VINCI.

Cela dit, la grande majorité des naissances a lieu à Mamoudzou: 54 % des naissances annuelles dans l'île en 2003, 57,3 % en 2004.

Depuis le 1° avril 2005, les soins ne sont plus gratuits sur le territoire. Les patients doivent présenter une carte de Sécurité sociale ou acquitter un droit forfaitaire auprès des structures de soins publics ou des honoraires auprès d'un médecin privé.

Il existe aussi des dispensaires dans les villages, qui se partagent les rares médecins de garde.

Depuis 2005, des infirmiers s'installent en libéraux, assurant les soins à domicile.

Le chikungunya est persistant à Mayotte.

Géodescription

Mayotte est la plus ancienne des quatre grandes îles de l'archipel des Comores, chapelets de terres qui émergent au-dessus d'un relief sous-marin en forme de croissant de lune, à l'entrée du canal du Mozambique. Située à 250 km Ouest de Madagascar et à trente km Sud-Sud-Ouest d'Anjouan, visible le soir en ombre chinoise, elle est composée de plusieurs îles et îlots couverts d'une végétation exubérante, les deux plus grandes sont Grande Terre et Pamandzi encore appelée Petite Terre adossée à une barrière de corail.

Ce récif de corail de 160 km de long entoure un lagon de 1 100 km², un des plus grands du monde. Il protège des courants marins la quasi- totalité de Mayotte, à l'exception d'une douzaine de passes, dont une à l'est appelée Passe en S. Le lagon d'une largeur moyenne de 5 à 10 km possède des fonds exceptionnels jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. Il est parsemé d'une centaine d'îlots coralliens dont certains comme M'Zamboro sont de toute beauté. Ce récif procure un abri aux bateaux et à la riche faune océanique. L'activité volcanique à l'origine de la création des îles rend le sol particulièrement fertile.

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